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Points de Vue

Relire les grands philosophes avec Roger Federer

Abstraite, compliquée, incompréhensible, la philosophie ? Vous avez sué eau et sang, souvent en vain, sur les œuvres ardues des plus graves penseurs. Quelle tannée ! Et vous auriez peut-être donné cher pour trouver le moyen de rendre la lecture de la Critique de la raison pure ou de la Phénoménologie de l’Esprit aussi facile que le dernier Guillaume Musso, mais sans rien perdre de la profondeur et de la force inspirante ou expirante de ces ouvrages impénétrables au néophyte.

Or, le sésame magique pour entrer dans cet univers parallèle existe bien. Il est plus efficace que Google Traduction et demande moins de temps qu’une formation de métaphysicien à la Sorbonne. Son nom ? Roger Federer. Un philosophe suisse parlant l’allemand presque aussi bien que Kant et maîtrisant la langue de Descartes avec un accent plus germanique que son compatriote helvétique Jean-Jacques Rousseau. Tout s’éclaire et devient limpide avec ce décodeur universel nommé Roger. Il vous permet de déchiffrer entre deux parties de tennis les grimoires les plus abscons de la confrérie transcendantale.

L’Idée du Beau de Platon vous avait toujours semblé abstraite, un rien évanescente voire surévaluée ? Visionnez un florilège des meilleurs coups de Roger sur internet et vous comprendrez. En quelques minutes, vous en saurez plus sur le sujet du Beau que si vous aviez lu Platon, Plotin et Platini réunis.

Spinoza ? En voilà un dont les méditations sont arides ! Cet austère penseur hollandais multiplie les affirmations les plus obscures ou les plus délirantes. Le curieux préparateur mental que voilà. Il dit ainsi dans son Ethique : « Nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels ». La bonne blague ! Sauf qu’il dit vrai. Roger vient de prouver en terre hollandaise la vérité de cette parole ; c’était lors d’une controverse de corps et d’esprit organisée à Rotterdam, où il a prouvé à la face du monde qu’il était bel et bien éternel.

Spinoza dit aussi : « On ne sait pas ce que peut le corps ». Mais avec Roger, spinoziste en action, on le sait bien. « Sentimus experimurque nos aeternos esse ». Balles neuves ! Recharge éternelle. D’autres questions ?

Oui. Sur le corps et l’esprit, justement. Sachez que des débats à s’arracher les cheveux ont animé les tournois de philosophes pendant des siècles sur la question du dualisme de l’âme et du corps. On s’est pris de bec et la tête sur cette question grave. L’Allemand Leibniz, un des plus subtils de la bande, a remporté quelques Grands Chelems grâce à son « harmonie préétablie », une arme fatale servant à décrire le lien entre l’âme et le corps et à révéler le mode d’emploi de ces deux outils complexes qui interagissent aussi intensément que Roger et Rafa quand ils croisent le fer. Des générations de commentateurs se sont échinés à tenter d’expliquer cette « harmonie préétablie » que Roger, lui, rend limpide et évidente. « L’âme est l’idée du corps », affirmait le coach cérébral Spinoza. Pardi ! Avec Roger, le corps devient l’idée de l’âme et l’âme elle-même.

Vous avez peut-être lu La pesanteur et la grâce de Simone Weil (avec un W comme Wawrinka, pour ne pas confondre avec la femme politique Simone Veil avec un V comme Vavrinec, le nom de jeune fille de Madame Federer) ? Ce texte magnifique a été cosigné par Roger, qui s’est chargé des parties portant plus spécifiquement sur la grâce. Il en a rendu la lecture proprement jubilatoire. Ne manquez pas non plus L’évolution créatrice, une biographie de Roger cosignée Henri Leconte et Henri Bergson.

Mais surtout, ne lâchez pas la doctrine du Surhomme concoctée par un des ténors de l’ATP (Association des Travailleurs Philosophiques) nommé Frédéric Nietzsche (avec un N comme dans numéro 1 mondial). Si cette doctrine vous a semblé jusqu’ici fumeuse ou dangereuse, oubliez une fois pour toutes vos préventions. Car le Surhomme n’est pas une vue de l’esprit, un fantasme vénéneux de cogitateur perturbé ; il existe bel et bien. En mode éternel retour. « Deviens ce que tu es ; fais ce que toi seul peut faire. » Ainsi parlait Rogerthoustra en faisant parler la poudre.

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