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Points de Vue

Thomas Pesquet ou l’art de mettre la terre à ses pieds

Pilote aguerri et poète du cosmos, Petit Prince et athlète endurci, discipliné et rêveur, romantique et rationnel, citoyen de l’apesanteur aux pieds sur terre et aux regards passionnément tournés vers la Terre,  astronaute exceptionnel et gars modeste : Thomas Pesquet réunit sous son scaphandre de chevalier du ciel tellement de qualités de cœur et d’esprit qu’il a bien fallu qu’une fée tombée de la lune ou d’un astéroïde lointain se penche sur son berceau et y dépose, en guise d’offrande, de généreux morceaux de cette étoffe plus résistante que la gaze, plus rude que la mousseline et plus précieuse que la plus fine des dentelles, et qui s’appelle l’étoffe des héros.

Ce héros au sourire si doux fait des tours au-dessus de nos têtes et nous envoie des photos de sa bicoque saisonnière et de notre habitacle à nous, toutes joliment légendées et mêlant avec un parfait savoir-faire – à la fois de pédagogue, de géographe et de communicant - l’information topographique, la leçon de choses sur ce qu’est la vie à bord d’une station spatiale, et l’invitation à la méditation sur la beauté de notre planète.

C’est un enchantement de le suivre sur sa page Facebook et de découvrir, chaque jour, les nouveaux trésors qu’il poste sur son mur constellé de photos époustouflantes, émouvantes et souvent drôles.

Il se met en scène sans aucune forfanterie – et en donnant d’ailleurs toute leur part à ses coéquipiers -, raconte son quotidien avec un grand luxe de détails comme le ferait un skipper ou un montagnard en expédition, et surtout nous montre ce que nous ne pouvons pas voir depuis le plancher des vaches : notre planète. Et donc nous-mêmes.

Il la dévore des yeux, la planète bleue, il lui en fait voir de toutes les couleurs, il la shoote comme un photographe de mode mitraille un top model, il l’épie et la déshabille jour et nuit avec son objectif, à la manière des paparazzis. Et il nous rend complices de cette magistrale entreprise de voyeurisme en nous faisant partager ses plus affriolants clichés de la belle, dont il nous dévoile les formes, les traits, les couleurs de peau et la merveilleuse garde-robe de fleuves, de forêts, de déserts, de villes …

Jamais Dame Nature n’avait autant montré. Grâces en soient rendues à notre guetteur de l’espace !

Et puis il faut croire que l’altitude purifie l’âme à mesure qu’on s’élève, qu’on gravite et qu’on surplombe. Jamais un propos déplacé, malveillant, grinçant sous la plume de Pesquet. Que du bonheur, que des pensées positives, des émerveillements. Du partage d’émotions, un amour que l’on sent vibrant et presque charnel pour la France, si fréquemment photographiée par ce citoyen du ciel. Les hublots de sa station sont hermétiquement fermés aux « passions tristes », aux leçons de morale ou aux refrains du tout-fout-le-camp.

Thomas Pesquet, c’est la positive attitude, l’anti World Bashing !

Merci à ce compagnon des astres, si loin et si proche de nous, qui, du haut de sa cabane spatiale, n’oublie pas ses frères humains. Ici la Terre, continuez à nous faire rêver !

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